Au-delà des droits de l´homme pour défendre les libertés
BENOIST (Alain de)
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"Le sacre des droits de l'homme, a écrit Marcel Gauchet, est à coup sûr le fait idéologique et politique majeur de nos vingt dernières années." Les droits de l'homme tendent en effet à devenir la boussole unique d'une époque désorientée. Ils auraient même un caractère sacré. C'est pourquoi il paraît désormais aussi inconvenant, aussi blasphématoire, de critiquer l'idéologie des droits de l'homme qu'il l'était autrefois de douter de l'existence de Dieu. 

Mais aujourd'hui, le discours des droits de l'homme n'a pas seulement pour but de fournir une idéologie de substitution après l'effondrement des "grands récits". En recherchant à imposer une norme morale particulière à tous les peuples, il vise à redonner bonne conscience à l'Occident, en lui permettant de s'instituer une fois de plus en modèle et de dénoncer comme des "barbares" ceux qui refusent ce modèle. Dans l'histoire, les "droits" n'ont jamais été que trop souvent ce que les maîtres de l'idéologie dominante avait décidé de définir ainsi. Que les droits de l'homme soient proclamés avec force dans une société de plus en plus déshumanisée, où les hommes tendent eux-mêmes à devenir des objets, où la marchandisation des rapports sociaux crée partout des phénomènes d'aliénation inédits, n'est pas un hasard. Associé à l'expansion des marchés, le discours des droits de l'homme constitue l'armature idéologique de la globalisation. Il est avant tout un instrument de domination et doit être regardé comme tel. 

Les hommes doivent pouvoir lutter partout contre la tyrannie et l'oppression. Contester contre l'idéologie des droits de l'homme ce n'est évidemment pas plaider pour le despotisme, c'est bien plutôt contester que cette idéologie est le seul moyen d'y remédier. C'est s'interroger sur la validité des fondements de cette théorie, sur le statut nomologique de ces droits, sur les possibilités d'instrumentalisation dont ils peuvent faire l'objet. C'est aussi proposer une autre solution. La question des libertés ne saurait se résoudre en termes de droit ou de moral. Elle est avant tout une question politique. Elle doit être résolue politiquement.
A.B.    

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