Les abbayes cisterciennes - Ed 2018
LEROUX-DHUYS (Jean-François)
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Il y a neuf siècles, alors que les bénédictins de l'Ordre de Cluny glorifiaient Dieu dans la splendeur des offices et la magnificence des églises, un moine inconnu, Robert de Molesme, proposa de revenir à la stricte observance de la Règle de Benoît de Nurcie : prier loin du monde et vivre du travail de ses mains. Ainsi, le "Nouveau Monastère" de Cîteaux allait devenir un modèle pour une cohorte de "cisterciens", moines de choeur et frères convers, implantés dans quelque sept cent cinquante abbayes à travers l'Europe, sans compter les monastères de moniales qui s'y rattachèrent.
Sous l'impulsion de Bernard de Clairvaux, le plus célèbre des "moines blancs", le nouvel Ordre devint rapidement la conscience de la Chrétienté, contrôlant le pouvoir politique et mobilisant la féodalité pour la plus grande gloire de Dieu. L'architecture dépouillée des abbayes cisterciennes imposait une nouvelle esthétique à l'art roman, que les maîtres d'oeuvre de l'Ordre portèrent à son apogée, et à l'art gothique naissant, qu'ils contribuèrent à développer dans toute l'Europe.
Les domaines agricoles et industriels des cisterciens participèrent également, et avec une grande efficacité, à la révolution technique des XIIe et XIIIe siècles. Cette histoire et sa traduction architecturale constituent le thème du livre de Jean-François Leroux et Henri Gaud. Mais leur approche de l'univers cistercien ne se limite pas, ainsi qu'on le présente trop souvent, à la seule période médiévale.
L'Ordre de Cîteaux est riche d'une histoire continue jusqu'à nos jours, au coeur de l'évolution de l'Eglise romaine et de la politique des états européens. Les "moines blancs" s'y révèlent des constructeurs exemplaires, s'appropriant les styles de leur temps, particulièrement à l'époque baroque qui leur inspira des chefs-d'oeuvre trop méconnus et que présente cet ouvrage. Aujourd'hui encore, les vestiges préservés ou ruinés des abbayes cisterciennes attirent la foule des visiteurs.
Ce livre propose de donner une signification au patrimoine cistercien que notre époque a reçu en héritage.
Henri Gaud vit dans l'univers de la photographie depuis son enfance. Son père, photographe et éditeur, s'était spécialisé dans la photo d'architecture. C'est donc naturellement qu'Henri Gaud sortit diplômé de l'Ecole nationale de Photographie et Cinématographie. Fasciné par l'architecture cistercienne, il a parcouru l'Europe à la recherche des sites cisterciens les plus méconnus et a rassemblé une collection exceptionnelle de plus de vingt-cinq mille clichés représentant des abbayes, des granges ou des paysages façonnés par les "moines blancs".
Soucieux de restituer la qualité architecturale de ses sujets dans la plus exacte vérité, il privilégie le travail en grand format, toujours à la lumière naturelle, et selon une approche orthoscopique qui élimine les déformations et les artifices. Cette démarche est évidemment imprégnée de l'esprit de rigueur et de simplicité qui caractérise l'art cistercien, y compris dans les périodes moins connues de leur histoire où ils surent maîtriser un style baroque qui a séduit Henri Gaud au même titre que les chefs-d'oeuvre romans et gothiques du Moyen Age cistercien.
Jean-François Leroux-Dhuys était tout à la fois maître d'ouvrage au sein d'un grand groupe bancaire français et journaliste. Il a assuré la publication du Traité de muséologie selon Georges-Henri Rivière qui rassemble l'enseignement du cocréateur du Musée de l'Homme et fondateur du musée des Arts et Traditions populaires. Il est conservateur de l'Ecomusée du Cristal de Bayel (Manufactures royales de Champagne).
Il a été élu membre de l'Association internationale des critiques d'art et de l'Académie d'Architecture. Jean-François Leroux-Dhuys s'est intéressé à l'abbaye de Clairvaux dès 1955 puis est devenu président de l'Association Renaissance de l'abbaye de Clairvaux où il a mis en place, en liaison avec le ministère de la Justice, l'ouverture au public des bâtiments historiques de l'ancienne abbaye de Saint-Bernard encore inclus dans le domaine pénitentiaire.
Jean-François Leroux-Dhuys est, depuis 1993, président de la Charte européenne des abbayes et sites cisterciens qui regroupe, dans une perspective de développement culturel et touristique, les propriétaires et responsables de plus de cent vingt abbayes et sites cisterciens ouverts au public, dans plusieurs pays d'Europe.