Gustav Mahler - La symphonie-monde
WASSELIN (Christian)
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Gustav Mahler est né le 7 juillet 1860, en Bohême, au coeur de l'empire autrichien, cette mosaïque turbulente de peuples, de langues, de religions et de cultures diverses. A Vienne, capitale à la fois paisible et flamboyante, Mahler entre en 1875 au conservatoire, étudie le piano, écrit ses premières compositions. A vingt ans, il signe son premier contrat de chef d'orchestre, à BadHall, puis, on le verra diriger dans les plus grands opéras : Ljubljana, Olmütz, Kassel Prague, Leipzig, Budapest, Hambourg, tout en composant, non pas des opéras, mais des lieders et surtout des symphonies.
Sa nomination comme directeur du Hofoper de Vienne, en 1897 marque une consécration. Chef d'orchestre reconnu dans le monde entier, directeur du prestigieux opéra impérial où il gagne une réputation de perfectionniste, Mahler est l'un des artisans de la Vienne de 1900, proche des artistes de la Sécession, profondément moderne au point de bouleverser le style des mises en scène. Pourtant, le musicien reste insatisfait, tiraillé entre cette charge et le peu de temps qui lui reste pour composer, seulement durant les étés, passés avec sa femme Alma, et leurs deux enfants, Maria et Anna. Mahler quitte l'opéra de Vienne en 1907, année terrible où il perd l'une de ses filles et se découvre malade du coeur. Il choisit l'Amérique où il est attendu comme un dieu, et dirige notamment le New York Philharmonic, au Metropolitan, avant de s'éteindre, à Vienne, en 1911, sans avoir pu achever sa dixième symphonie.
Gustav Mahler n'a pas composé d'opéra. C'est par le lied (Kindertotenlieder, Das Lied von der Erde.) qu'il a choisi d'exprimer son amour de la voix. Quant à son attirance pour la grande forme, il l'a exprimé dans la symphonie, il en compose neuf, qui permet à la fois les développements les plus vastes et les combinaisons instrumentales les plus hardies. Personne n'est allé plus loin que lui dans l'abondance des moyens musicaux (thèmes, instrumentation, orchestration), ni dans l'hypertrophie de la forme. "La symphonie doit être pareille à l'univers entier, elle doit tout embrasser", au point même parfois d'inquiéter son créateur : "Certains passages m'effrayent presque", écrit-il à propos de sa Troisième Symphonie. S'il fut un des plus grands chefs d'orchestre de son époque, Mahler aura eu plus de mal à s'imposer, de son vivant, comme compositeur. C'est à partir des années 1960, grâce à l'enthousiasme de chefs d'orchestre comme Léonard Bernstein, que ses oeuvres conquièrent tous les publics.