Bouin l´isle au péril de la mer
ROUSSEAU (Julien)
20.00 €
Epuisé
Pourquoi cette réédition au seuil du XXIe siècle ? L'insigne intérêt que manifesta Julien Rousseau, historien amoureux de sa terre, et la qualité de ses recherches minutieuses pour ce pays de marais gagné sur la mer, ne peuvent que répondre au besoin, au désir très fort de nos contemporains de découvrir et mieux connaître leur patrimoine, leur histoire, les forces vives qui construisirent leur village, leur bourg, leur commune, en un mot leur clocher.
Nous voyons dans cet ouvrage, avec curiosité, plaisir et attention, se dérouler devant nous l'histoire de Bouin depuis ses origines les plus lointaines, en passant par cette longue période féodale, dévoilant les complexités et les méandres des alliances entre grandes familles et seigneuries, où les acteurs étaient souvent plus soucieux de leurs intérêts personnels que des antiques privilèges de l'île. Julien Rousseau retrace aussi en spécialiste distingué, Bouin sous l'Ancien Régime ; fière de son particularisme, elle sut se montrer agissante, entreprenante, très vivante, faisant fructifier activement terres et étiers, mais toujours soucieuse de protéger, avec une fidélité infaillible, ses privilèges et prérogatives d'"île de la mer". Ce peuple maraîchin, si solidaire dans le dur labeur, le fut aussi durant la douloureuse tourmente révolutionnaire. La paroisse unanime se souleva et vécut avec courage les affres, les déchirements, les ruines que les troubles civils semèrent partout. Temps redoutable pour Bouin qui en sortit exsangue et surtout privée de son individualité qu'elle avait protégée, défendue si ardemment à travers les âges.
Le lecteur passionné de l'histoire de sa terre, de cette terre, rencontrera aussi, au détour de ces pages, les noms des vieilles familles maraîchines bouinaises ; leurs noms sont imprimés à jamais dans l'histoire de ce pays. Il y a les notables, les fabriqueurs et généraux de paroisse, mais aussi gens plus modestes, le petit peuple, tout aussi digne et actif dans la réalisation du "grand oeuvre" : " assèchement des marais, l'endiguement, bref l'équilibre entre la terre et les eaux.
Pour conclure, les richesses naturelles, sociales, religieuses de ce pays sont si attachantes, abondantes et variées qu'on ne saurait être trop reconnaissant à Julien Rousseau, mon père, qui eut à coeur de nous les faire connaître.
Sensible aux beautés et aux hommes de ce terroir, il s'est donné pour tâche de nous communiquer ce sentiment profond qui le guida dans ce travail d'historien, en nous transmettant un héritage riche d'enseignements que le lecteur d'aujourd'hui aura plaisir à redécouvrir.