Michel de LAPARRE (1928 - 2007)  Michel de LAPARRE (1928 - 2007)
Le père Michel de Laparre de Saint-Sernin est né le 9 octobre 1928 à Paris (Vè arrondissement), deuxième enfant d'une famille de neuf. Il vit une jeunesse heureuse à Paris au cours de laquelle il connaît une première image de la réalité politique et sociale avec les manifestations du Front Populaire (pendant que son père manifestait avec les Camelots du Roi, le jeune Michel, rentrant de classe, à travers une foule acclamant Léon Blum, se heurtait à un barrage de CRS et reçut un coup de crosse sur la nuque pour leur avoir fait un pied de nez...).
En 1938, son père, industriel dans les pétroles, est nommé à Toulon où il sera mobilisé en 1939 (malgré ses 7 enfants à l'époque) pour la "drôle de guerre".
Son fils suit les cours de l'Externat Saint Joseph, tenu par les pères Maristes, où il rencontre le père Filière, apôtre et orateur enflammé, futur fondateur de L'Homme Nouveau. La vie est en même temps très mouvementée dans ces années de guerre pour des adolescents, turbulents et facétieux qui n'hésitent pas à effectuer de multiples expéditions dans des dépôts de munitions allemandes ou dans les bateaux à moitié coulés dans la rade (à la suite du sabordage de 1942) pour essayer de récupérer les plaques "Honneur et Patrie" ou "Valeur et discipline", ce qui valut à ces jeunes poursuites, arrestations puis évasions ! Bref, une vie passionnée, mais beaucoup plus par les événements que par les disciplines scolaires.
Jusqu'au jour de 1943 où le père se fâche et décide de mettre les aînés de ses garçons en pension à Marseille, au collège de la Viste, tenu par une congrégation de religieux dont Michel ne sortira plus. Il y effectue son noviciat et son scolasticat, avec deux ans de stage, entre la philosophie et la théologie, dans une des maisons d'Oran.
Ordonné prêtre en 1956, il passe quatre années à la Maîtrise métropolitaine d'Aix-en-Provence, puis il est affecté à Oran en 1961 entre une pension de famille accueillant les jeunes du bled scolarisés en centre ville et un patronage de banlieue à Saint Eugène. C'est là qu'il va se trouver confronté, avec sa communauté et au coeur de la population, aux événements tragiques qui vont connaître leur apogée en juillet 1962. Il prend l'habitude d'écrire tout ce qu'il constate et envoie ces comptes rendus en Métropole où la presse désinforme à qui mieux mieux.
Ces notes seront ultérieurement réunies en un volume qui paraîtra en 1964, sous le titre Journal dun prêtre en Algérie. Oran 1961-1962, avec une préface du Bachuga Boualam.
Rentré en France, il est nommé responsable d'un collège pendant trois ans à Béziers, puis passe une année à Lorient. En 1968, il ouvre à Blagnac (Haute-Garonne) une Maison pour enfants à caractère social qu'il dirigera jusqu'en 1983 : il recevra soixante garçons de 6 à 18 ans confiés par le Tribunal pour enfants de Toulouse et par la D.D.A.S.S. Il suit pour cela une formation spécifique du Groupement régional des directeurs de l'enfance inadaptée de Midi-Pyrénées et divers stages de psychopathologie à New-York, à Moscou et au Québec à l'université de Montréal puis dans un pénitencier de criminels âgés de 18 à 21 ans récupérés en deux ou trois ans.
En 1999 il accomplit son ministère en Provence entre un collège marseillais et une maison d'accueil dans le Var où il reçoit différents groupes. Il gardera contact avec de nombreux anciens d'Oranie et diverses associations de harkis ou d'anciens détenus politiques de cette époque et apportera tout son soutien au comité Veritas qui a décerné son Prix 1997 à la deuxième édition de son Journal d'un prêtre en Algérie
Lectures Françaises (608, Décembre 2007) a signalé son décès survenu le 22 mai 2007.