Thomas d´Aquin à la croisière du siècle
GABORIAU (Florent)
28.00 €
Epuisé
Florent Gaboriau (1921-2002), docteur en philosophie de l'Université allemande (Münster, en Westphalie) et docteur en théologie (Rome), après avoir oeuvré à la composition d'une imposante Nouvelle initiation philosophique en six volumes, se consacra à l'enseignement de la philosophie et de la théologie auprès des jeunes, puis enseigna à l'Angelicum à Rome. Il y fut appelé aux plus hautes fonctions, honneur auquel il renonça pour se consacrer à l'étude approfondie de Thomas d'Aquin. De cette longue fréquentation du Docteur angélique est issue toute son oeuvre. L'essentiel en fut publié par les maisons d'éditions - Fac-éditions, puis Fac-2000 - fondées par Gaboriau lui-même. Son oeuvre renferme deux faces : il s'agit tout d'abord d'une relecture attentive du détail même du texte de toute la production immense - tant biblique que philosophique - de saint Thomas ; puis, en parallèle, Gaboriau, s'adonna à l'étude scrupuleuse de l'ensemble de la production thomiste de son temps.
De cette lecture de Thomas est issu un double constat : premièrement l'union, chez Thomas, de la sainte Écriture, la Bible, révélée par Dieu, avec la Doctrine sacrée, la théologie ; et, deuxièmement la fondation, chez Thomas, de la métaphysique, non dans la méditation d'un être ou d'essences informes et abstraites, mais dans le regard attentif porté aux étants, êtres concrets tels qu'ils nous sont donnés par Dieu dans l'ordre stable de sa création. Thomas d'Aquin fermait ainsi, par sa pensée lumineuse et exacte, la porte à une double tentation spéculative, à la fois théologique et philosophique.
Dans cet ultime ouvrage, Thomas d'Aquin à la croisée du siècle, notre philosophe théologien, en disciple de saint Thomas, relève donc un double défi, défi qui est comme le point d'orgue de son oeuvre tout entière : remettre en lumière les rapports insécables pour Thomas entre la Bible et de la théologie, et entre la métaphysique et l'ordre du créé ; puis, dans un deuxième mouvement, Gaboriau relève à quel point ce double héritage du Docteur angélique a été méconnu par les divers thomismes du XXè siècle. Florent Gaboriau s'adonne alors à une lecture quasi exhaustive des écrits de ses collègues thomistes, leur faisant l'honneur de chercher à les comprendre et à apprécier - certes de manière critique - la teneur véritable de leur production. Il en résulte un ouvrage dramatique qui fait ressortir de manière aigüe les chocs propres à l'histoire des thomismes de ce temps, récit qui s'avère puissamment stimulant pour le lecteur.
Cet ultime écrit de Florent Gaboriau, en résumant la portée de toute son oeuvre, conduit le lecteur hors des nuées de la spéculation philosophique et théologique de notre temps vers un réalisme salutaire. Cela tant pour les choses ultimes - celles qui concernent la vie éternelle - que pour les pénultièmes - celles qui se rapportent à l'intelligence de l'ordre de nature. Un pareil nettoyage est porteur d'une vive espérance : celle même du renouveau de notre civilisation.