Services secrets contre cuirassés. Brest 1940-1942
PHILIPPON (Amiral Jean)
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Battant 22 pavillons de victoire à leurs drisses, soit quelque 145 000 tonnes de navires coulés, les cuirassés allemands Scharnhorst et Gneisenau entraient le 22 mars 1941 en rade de Brest. Une nouvelle et terrible menace s'était abattue sur les convois de l'Atlantique. Pour la cause alliée, des renseignements sur les cuirassés et les sous-marins basés à Brest étaient dorénavant d'une nécessité vitale.
Peu après cet événement, celui qui allait devenir le colonel Rémy, frappait à la porte du lieutenant de vaisseau Philippon, ancien officier en second du sous-marin "Ouessant" et pour l'heure jardinier en uniforme de la base navale occupée.
"Je suis chargé de mission et j'arrive de Londres", déclara Rémy d'emblée. Quand les deux hommes se séparent, l'officier de Marine avait accepté une tâche redoutable et le pseudonyme d'Hilarion.
Malgré les arrestations, la terreur des raids aériens au cours desquels 3 300 avions déversèrent 4 000 tonnes de bombes sur le port et sur la ville, et surtout le drame de conscience provoqué par les souffrances de la population brestoise, jour après jour, Hilarion persévéra.
Son activité clandestine contribua si efficacement à bloquer le Scharnhorst, le Gneisenau et le croiseur Prinz Eugen à Brest, et à envoyer par le fond le cuirassé Bismarck, que la Marine britannique tint à le dire dans un message sans autre exemple durant la guerre.
Cet officier de Marine exemplaire était un homme de cœur exigeant pour lui-même comme pour les autres.
Il avait une grande passion pour la mer et pour la Marine et souhaitait que la France y trouve l'une des sources de sa puissance et de son rayonnement.