Le sablier du siècle. Mémoires
GALLOIS (Pierre-Marie)
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L'Art, du moins l'amour qu'on lui porte, le Droit, l'Histoire, la Technique, la Stratégie, la Géopolitique, la Presse, l'Industrie, l'Enseignement, exercés ou analysés tour à tour ou simultanément, sur quatre continents, au long d'un siècle extrême en tout : des tueries à la machette aux escapades sur la Lune, voilà ce qui autorise, grâce à la longévité, le nombre et la diversité des témoignages rassemblés dans ces pages.
Enfance dans la guerre. Victorieuse mais exsangue, la France pavoise, Paris s'illumine et, tout jeune, l'auteur y prend sa part. Mais, couple fascinant, l'avion et l'Atlantique : Lindberg, Coste, Assolant. la gloire du risque provoque passions et vocations. Autre binôme envoûtant : l'avion et le Sahara. Encore la guerre. Irrémédiable défaite. Rejet de Vichy durement sanctionné. Londres : La France libre. Aron et Labarthe contre de Gaulle. Contribution à la destruction de l'envahisseur par les bombardements aériens. 1945 : découverte des vertus de l'atome militarisé, égalisateur de puissance, et début d'une campagne de quarante ans pour l'indépendance nationale qu'il confère. Entretiens avec Ramadier, Moch, Pleven, Pinay, Mollet et, enfin, décisif celui-là, avec le Général. Sur l'initiative du général Léchères, P. M. Gallois travaille à la renaissance de l'industrie aéronautique. Il a le privilège d'avoir été longtemps associé à Marcel Dassault et à son équipe d'ingénieurs : ils étonneront le monde. Au Quartier général de l'OTAN, sous les ordres de Grunther, Montgomery, Norstad, il collabore à la planification de défense de l'Europe. Enseignement à la Sorbonne et dans les principales capitales : relations internationales et stratégie.
Après les années de gloire vient un autre combat, âpre et ingrat : le combat contre la démission de la France. Comme en 1945 la Grande-Bretagne affaiblie par l'effort de guerre, trente ans plus tard la France, épuisée par sa réhabilitation, renonce. Non pas à l'empire, mais à être elle-même. Ses politiques et ses institutions la conduisent à la provincialisation. Tantôt derrière Bonn/Berlin, tantôt derrière Washington, elle n'est plus, en rien, souveraine. Elle combat - Irak, Balkans - non seulement dans "des guerres qui ne sont pas les siennes", mais au seul profit de ses tuteurs. La France-Etat n'a pas réussi à vivre jusqu'à sa fin le XXe siècle. Contre l'abandon général le combat est vain, mais ce serait renier une longue existence que de ne le point mener.