Coupable de fidélité - Heurs et malheurs de l´amitié franco-marocaine
BEL MADANI (Colonel)
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Ahmed Bel Madani Ben Haïoun, auquel le Pèlerinage aux lieux saints de l'Islam lui vaudra par la suite le titre envié de "Hadj" est né à Oujda en 1902, dans une très ancienne famille de notables, originaire de Fès, qui se fixera peu après à Marrakech.
Là, en septembre 1912, le jeune Ahmed, émerveillé, assiste en direct à l'entrée des troupes du Général Mangin dans la capitale du Sud, spectacle qui sera à l'origine de sa vocation militaire.
Admis à l'Ecole d'Elèves-Officiers de Meknès en 1924, il en sort, brillant premier, trois ans plus tard.
Lieutenant de Tirailleurs et de Goums, il prend une part active à la pacification et noue de solides amitiés avec ses camarades officiers, français et marocains.
Sa maîtrise du français, de l'arabe et des dialectes locaux, et son intime connaissance de la psychologie des fières tribus du Sud, lui permettent de jouer un rôle conciliateur et de contribuer à bien des ralliements ; les résultats obtenus lui valent d'élogieuses citations en 1932 et 1933.
Distingué par un sens aigu de l'honneur, son dévouement indéfectible à la cause du Maroc et de la France, son autorité naturelle, son intégrité absolue, alliés à une force de caractère hors du commun, il est chargé des fonctions de Caïd de Tribus montagnardes ; à leur tête, il s'avère un chef énergique, juste, dynamique, efficace, aimé et respecté de ses administrés.
Très attaché à la condition militaire, il n'accepte ces fonctions que par esprit de devoir, à titre provisoire et sous réserve de son maintien dans les cadres. Il en va de même lorsqu'il est nommé Pacha d'Agadir en 1953.
Il poursuit donc, parallèlement, sa carrière d'Officier ; Lieutenant-Colonel en 1954, il ne peut éviter, en tant que Pacha d'Agadir et ami fidèle du Glaoui, d'être mêlé à la crise politique de 1953-1955.
En dépit du rôle modérateur qu'il y a joué, il doit se résoudre à quitter le Maroc en décembre 1955 et à servir en France après plus de 30 années de services ininterrompus sur sa terre natale. Colonel en 1957, il prend sa retraite en 1960 et se retire à Mézens (Tarn) sans jamais avoir renié sa foi, ses origines, ses amitiés. C'est l'histoire de cette longue fidélité qu'il conte avec talent et dignité, et, parfois, non sans amertume.