Essai sur le naturalisme contemporain
GUERANGER (Dom Prosper)
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Cette critique si ferme et si mesurée, si chrétienne et si courtoise valut à dom Guéranger de hautes félicitations. En même temps que l'Univers s'applaudissait d'une collaboration si régulière, l'évêque d'Arras, Mgr Parisis écrivait :
Je viens de relire vos articles, et j'ai besoin de vous remercier de la joie chrétienne qu'ils m'ont fait goûter. II y a si longtemps que je déplore les illusions et les ravages de cette école des accommodements, composée d'hommes généralement honorables, croyants et pratiquants, mais peureux et que Notre-Seigneur eût appelés modicae fidei, qui, voyant la puissance et l'extension du rationalisme, tremblent pour l'Eglise de Dieu et se persuadent qu'elle doit par prudence faire à cet ennemi, prétendu nouveau, des concessions qu'elle n'a faites dans aucun temps ! Il est donc bien utile de combattre et, s'il est possible, d'éclairer cette école tout à la fois timide et arrogante. Au reste, mon très révérend père, vous avez certainement remarqué que ce phénomène s'est produit dans l'Eglise toutes les fois qu'une grande erreur a pesé sur le monde.
Alors il y a toujours eu des hommes de bien, effrayés et prudents, qui ont proposé des déguisements, des subtilités, des sacrifices, non pas précisément sur la foi mais sur certaines formes qui y touchaient, des rapprochements enfin, non pas précisément avec le mensonge mais avec les exigences de ceux qui s'en faisaient les apôtres.
On ne saurait mieux dire ni marquer plus exactement cet esprit de transaction qui prend son origine dans une timidité secrète, qui se poursuit dans une complaisance avouée, dans un air de capacité et de science supérieure, naturel à ceux qui s'écartent des sentiments communs, et finalement s'achève par une leçon quelque peu hautaine, donnée par des intelligences baptisées à cette Eglise de Dieu qui possède tout à la fois les promesses du temps et les paroles de l'éternité.
Continuez donc, poursuivait l'évêque d'Arras, à combattre avec le talent de votre langage et l'autorité de votre science ceux qui, sous prétexte de servir l'Eglise, voudraient répudier ou déguiser certaines parties de son glorieux héritage, et ne souffrez pas que l'on vienne, ainsi qu'autrefois Oza pour l'arche d'alliance, lui prêter des appuis tout humains, comme pour infirmer l'impérissable solidité de ses bases primitives.
(Dom Delatte, Vie de Dom Guéranger, T. 2, p. 147)