Information et désinformation au Moyen Age
VERDON (Jean)
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"Et renseignez-nous sur l'orientation des affaires !", écrivait à la fin du Moyen Age un marchand vénitien à son commis envoyé à Bruges. Car les marchands ont besoin de maîtriser l'information partout où le commerce se fait. Ils ont aussi besoin de communiquer, à l'instar des souverains, des hommes d'Eglise et des combattants.
Au Moyen Age, l'information se diffuse avant tout oralement. Vers l'an mille, Gerbert d'Aurillac, futur pape, utilise ses fidèles messagers. On les voit alors parcourir les campagnes, chevauchant à bride abattue leurs bêtes pour apporter la précieuse nouvelle. C'est aussi l'époque où l'on "crie" les ordonnances royales avant de les appliquer. Au XVe siècle, l'imprimerie bouleversera la donne en intronisant l'écrit.
La gestion des affaires du monde s'appuie également sur la désinformation. La propagande, en particulier, la calomnie, les faux en tous genres abondent. Les espions ne transmettent pas seulement des nouvelles confidentielles, ils s'efforcent aussi de semer le trouble dans le camp ennemi. Et Louis XI prévient ses ambassadeurs : "Ils vous mentent, mentez bien !" L'historien s'en amuse rétrospectivement, mais il lui faut à son tour démêler le vrai du faux, comprendre les rouages de la circulation des rumeurs, qui sont autant d'armes au service du pouvoir. Avec brio, Jean Verdon poursuit ici son décryptage du monde médiéval dont les us et coutumes nous semblent étrangement familiers. 
Jean Verdon, professeur honoraire des Universités, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont plusieurs ont été couronnés par l'Académie française, traitant de la vie quotidienne et des mentalités au Moyen Age. Le Plaisir au Moyen Age vient de paraître en Tempus.