La vie en famille
FLEURIOT (Zénaïde)
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Histoire d'une famille chrétienne avec ses joies et ses épreuves, où la fille aînée remplace la mère décédée.
La pensée de Mlle Fleuriot, mûrie par la réflexion, s'est élevée à une conception plus haute, plus grave, plus générale, et, si j'ose le dire, plus abstraite et plus impersonnelle de son sujet. Au lieu d'écrire la vie d'une famille, c'est la vie en famille elle-même qu'elle a écrite. La première unité sociale, ce n'est pas la commune, comme l'a dit un législateur, c'est la famille. Avez-vous réfléchi quelquefois au doux et puissant attrait qui attache l'homme de toutes les conditions, le pauvre comme le riche, peut-être plus encore le pauvre que le riche, au foyer domestique ? Dieu nous a créés pour être les rois de la création, mais, hélas ! nous sommes des rois déchus, bien déchus ! Tombés du haut du trône où notre premier père avait été placé, nous errons faibles et impuissants, exposés à toutes les misères, assiégés par tous les maux, battus par tous les orages, esclaves des nécessités de la vie, et, nés pour commander, nous ne faisons qu'obéir. Il est cependant un endroit, un seul, où nous retrouvons notre pouvoir perdu, l'Eden, d'où nous avons été chassés, et où notre main ressaisit un débris de notre sceptre brisé, c'est la famille. Assis à son foyer, le père de famille est roi ; il règne, il gouverne. Si pauvre et si déshérité qu'il soit, il y a un lieu où il est le maître, maître non seulement obéi et respecté, mais aimé, chéri, béni par un petit peuple qu 'il aime, pour lequel il se dévoue, qu'il nourrit par son travail, à la sueur de son front, ou avec des sueurs plus cuisantes encore ; mais qu'il façonne à son gré, qu'il voit grandir, qu'il arme pour les combats de la vie, qu 'il initie à la connaissance de la vérité et à l'amour de la vertu. J'ai dit qu'il était roi, il est aussi législateur, pontife, initiateur ; il est tout, puisque la loi ne lui donne qu'un nom, celui que nous donnons matin et soir à Dieu dans nos prières : "Mon père !" En face de lui siège un pouvoir soumis au sien et plus doux que le sien, la toute-puissance suppliante, omnipotentia supplex, comme on le dit de la meilleure et de la plus sainte des mères, la mère de famille, qui représente la miséricorde et l'intercession, comme le père de famille représente la force et la justice.