Les derniers chouans du Morbihan 1830 - 1850
GUILLOT (Jean)
17.00 €
Epuisé
Tout le monde connaît la chouannerie et les guerres de l'Ouest qui marquèrent la période révolutionnaire de 1793 à 1805 et les Cent-Jours. Mais on connaît beaucoup moins l'histoire de l'agitation qui régna en Mayenne, en Loire-Inférieure, en Vendée et dans le Morbihan lors de la chute de Charles X, après la Révolution de Juillet, en 1830. Certes les historiens ont bien narré l'odyssée de la duchesse de Berry, mais semblent avoir oublié le début de guérilla et les nombreux incidents qui se déroulèrent dans le Morbihan.
Une majorité de la population refuse d'avoir pour roi, Louis-Philippe, le fils d'un régicide, et le retour du drapeau tricolore rappelle de mauvais souvenirs. Une partie de la population va donc faire courir pendant quelques années gendarmes et militaires venus pour réduire au silence ces chouans irréductibles.
Mais si en 1793, pour les républicains, un bon chouan est un chouan mort ; en 1831, les moeurs judiciaires ont évolué ; plus de coupeurs de têtes et de procès expéditifs, mais une cour d'assises où siègent des jurés choisis parmi la population. Des Bretons jugent d'autres Bretons et ils vont se régaler en prononçant des acquittements en masse ou des peines de principe, rarement de lourdes condamnations. Plus de cinq cents personnes connaîtront la prison en attente de comparaître devant la justice, le plus souvent bonne fille !
Si certaines anecdotes feront sourire le lecteur, la fin des hostilités laissent néanmoins un goût amer, avec des fugitifs, des réfractaires aux abois et quelques chouans perdus.
L'auteur, commissaire divisionnaire de la police nationale, s'est attaché à étudier l'ensemble des procédures judiciaires et les rapports des autorités civiles et militaires de l'époque dont il a extrait les pages les plus vivantes. Il met en exergue les conflits larvés entre les partisans d'un état de droit et le préfet, robespierriste attardé dans la Monarchie de Juillet. Un récit vivant, très dense avec un peu d'humour, il se lit comme un roman, alors qu'il s'agit d'un récit historique constitué de faits contrôlés.