Journal noir de l´Algérie indépendante
ALMERAS (Philippe)
22.00 €
Disponible en stock
L'Algérie algérienne va avoir deux ans lorsque l'auteur y débarque plein de curiosité pour le nouveau "pays associé". Entraîné à l'enquête économique, muni des formules et des espoirs du moment, il se fait fort de rapporter après trois mois la "Prospective algérienne" qu'on lui a commandée.
Justement, tout se noue : après la terre, on nationalise le commerce ; le parti unique tient son premier congrès, les derniers Pieds-noirs sont expropriés, les "bien vacants" sontoccupés ; le commerce va être nationalisé et les sociétés de pétrole savent leurs jours comptés. Pourtant Américains, Russes et Chinois ne se pressent pas à la relève. "L'Algérie sera arabe ! arabe ! arabe !", clame Ben Bella sur le Forum. On sait déjà que Boumediène et ses militaires vont le remplacer. Les ministres et les décideurs fuient l'enquête. Rendez-vous pris, le lapin est la règle. Pourtant tout se dit. Les informés, les renseignés à l'Ambassade - Ferhat Abbas, Mohamed Boudiaf, Hervé Bourges, Jean-François Kahn - ne le cachent plus : l'Algérie n'est pas partie.
Elle n'est d'ailleurs toujours pas arrivée et le constat de 1964 reste vrai. Les erreurs d'une indépendance bâclée après sept ans de guerre et deux ans de négociation n'ont pas été réparées. L'islamisme, réimplanté alors, s'est radicalisé. Il opère au couteau. Les Kabyles assimilés malgré eux rejettent l'héritage. L'argent de la nomenklatura placé à l'étranger n'est toujours pas rentré et la rente du gaz et du pétrole sert à nourrir unepopulation accrue de vingt millions. Il y en a pour vingt ans. Triste prospective. 
Philippe Alméras est l'un des meilleurs spécialistes de Céline, sur lequel il travaille et publie depuis plus de vingt-cinq ans. Parmi ses derniers livres, citons Un Français nommé Pétain (Laffont), Retours sur le Siècle (Les cahiers de Jalle), "Je suis le bouc", Céline et l'antisémitisme (Denoël) et De Gaulle à Londres (Dualpha).